Depuis une dizaine d’années la production d’Evelyne BEAUDOING s’articule autour du thème du voyage.
Voyages effectifs entérinés par des dessins sur le motif, voyages au pays de l’autre comme le supporte ses séries de portraits imaginaires ne retenant qu’un aspect du sujet croqué, voyages dans
l’écriture , sa plastique et ses rythmes aussi trépidants que ceux des danses exotiques. On est alors étonné que cette recherche inspirée des souvenirs de voyages se rapprochent de l’abstraction
fondamentale d’un Pollock, qu’elle nous invite du coup à reconsidérer avec un regard neuf. Et si le génial promoteur du dripping s’était inspiré lui aussi des rythmes obsédants qui
caractérisaient son environnement visuel et sonore ? La figure ne semble pas écartée, elle naît des jeux de plein et de déliés de son geste cursif et vibrant auquel le sable apporte sa
lumière. Les voyages ont marqué définitivement cette camarguaise d’adoption dont les tableaux, aux formats parfois inédits, participent d’une recherche d’un langage
universel.
texte Bernard Teulon-Noailles
Les 4 saisons de l’art
Prendre le temps d’observer et de scruter les éléments pour en retirer l’essence même.
Trouver le modèle d’inspiration et le transcrire dans un gestuel de couleurs en une écriture ou l’imaginaire
tiré du réel nous transporte dans un autre univers.
C’est en petite Camargue, terre d’adoption et source constante d’inspiration que naissent ses grands
thèmes.
Cette force de travail laisse libre cours à sa sensibilité des choses du soleil intérieur, soleil de passion
sans lequel elles ne seraient ce qu’elles sont.
texte EB
Vauvert 100 têtes
Vauvert sans têtes
Vauvert
s’entête
3 significations qui permettent à l’artiste de perdre la tête
pour réaliser cette performance de 100 portraits.
Perdre la tête avec ses têtes où l’inconscient peut suppléer le conscient .
Ce sont des moments de gestuel ou de travail acharné où on enlève pour redéposer de la matière.
Personnages imaginaires inspirés du modèle où une forme réapparaît un instant. Personnages torturés,
sculptés, contrebalancés par ses têtes en vis à vis presque caricaturales.
L’intime intériorité du moi se révèle par l’intime extériorité des autres.
texte EB
Latitude 21° Sud
Grain de sel, grain de sable, graine d’espoir, la mer et le vent se réunissent pour écrire leurs pages de
petites histoires sur la plage. Non loin de cette plage, en petite Camargue, Evelyne Beaudoing écrit aussi ses histoires à sa manière. De toiles en toiles, à coup de graphismes virevoltants,
coule le sable qu’elle utilise, maîtrisant des signes, des symboles, des figures géométriques, des caractères d’où naissent parfois comme interrogateurs, des visages. Cette écriture picturale,
particulière, singulière et personnelle pousse son auteur à poursuivre inlassablement sa quête du devenir de l’art. Son écriture coulée dans le sable de l’infinie interrogation de soi interpelle
le passant, de l’enfant, intrigué et amusé à l’adulte y cherchant des réponses, elle ne laisse pas indifférent. Evelyne Beaudoing réussit par ses traces de sable à relier la terre au ciel, mais
ne lui répondent que les nuages qui comme ses toiles ne cessent sans arrêt de changer de formes. Traces sur la plage, traces dans le ciel, traces sur la toile, son œuvre est faîte pour rêver, il
suffit de savoir la lire. Bonne lecture.
texte Bruno SABARY
« L’un à l’autre se reflétant »
Ava me fait penser à Aragon et Aragon à ava
les artistes ont des reflets communs lorsqu’on entre dans la magie de la création
il y a des objets jetés dans l’arène pour remercier la mort d’être passée,
d’autres jetés dans les bodegas lorsque la fête éclate pendant la féria,
il y a des objets dont le reflet est un secret
et d’autres dont le double est une interrogation pesante d’émotion
le double de ce mouchoir est pour moi, lorsque je lui prête beaucoup d’attention,
l’image vivante de La Ava Gardénia
visage de tous les visages
visage de toutes les vies d’artistes que nous affectionnons.
texte Bernard Calendini " une histoire errante de la Ava Gardenia"
Pétrification
Le dialogue de ses mains est un regard
Celui que je portais sur La Ava lorsqu’elle chantait
Elle commençait,
C’était un silence qui s’éveillait
Ses mains hésitaient,
Se dépliaient lentement
S’envolaient doucement
Claquaient le rythme
Se tendaient vers nous
Pour nous offrir
Au final
Un cadeau
Léger et tragique
texte Bernard Calendini " une histoire errante de la Ava Gardenia"
"Lyrisme en bouche"
Je parlerai
Avec le sens de ce que
je sais
Avec la pauvreté de mes
images
Car j'ai
vu
Car je l'ai
vue
La voix qui traduit
du diamant sur mes lèvres
L'extrême triomphe des
sourses
Qui font mes attitudes.
texte Bernard Calendini "une histoire errante de la Ava Gardénia"
« Dessous »
Sous-vêtements féminins, sous-vêtements enchanteurs ! Combien de rêves hantez-vous ?
L’attraction de tout un monde de sensualité, d’érotisme et de mystère se retrouve magnifié par la magie
du travail d’Evelyne Beaudoing. Plus qu’une plasticienne, l’artiste recrée à sa manière, folie contrôlée ou stylisme dévergondé !
Le merveilleux pouvoir attractif de la femme surgie du rêve et de l’éphémère par la grâce de la palette
d’Evelyne Beaudoing, enfin à la portée du collectionneur, de l’amateur et tout simplement du rêveur, du poète. Le plaisir des sens ne fera plus partie désormais, du domaine du fétichiste mais
aussi de l’amateur éclairé.
Sur les traces d’Andy Warrhol, Evelyne Beaudoing apporte sa pierre à l’édifice des couleurs vives, de la joie
de vivre , de l’envie de transmettre des émotions simples et ensoleillées.
Humour peinture, photo et volupté, voilà un cocktail à consommer sans modération !
texte Bruno SABARY